Les contes de Mme Poppins
Bonjour, je suis Mme Poppins, j'ai une histoire à vous raconter...
Commençons
par 4 mots magiques : il était une fois.
Il était
une fois dans le grenier un peu poussiéreux d’une grande maison parisienne, une
petite souris pas comme les autres. Elle s’appelait Églantine Quenotte. Son
pelage blanc était si impeccable et soyeux qu’on aurait dit un flocon de neige
tombé du ciel et resté là, bien au chaud. Elle vivait avec son jeune frère,
Armand, dans une vieille bottine oubliée, qu’elle avait aménagée avec beaucoup
de goût : un lit en coton, une table en bouchon de liège, et même une minuscule
lampe éclairée par une luciole apprivoisée.
Cette
bottine appartenait autrefois à Monsieur Molaire, un dentiste parisien. C’était
un vieux monsieur charmant, aux cheveux gris et au sourire éclatant de
blancheur. Il soignait les dents avec une infinie douceur, et tous les enfants
du quartier l’adoraient. Mais surtout, il avait une habitude bien à lui : à
chaque dent de lait perdue, il offrait un petit cadeau, souvent une délicieuse
confiserie.
« Il ne
faut pas se refuser une sucrerie de temps en temps, disait-il en souriant, à
condition de bien se brosser les dents juste après. »
Puis un
jour, Monsieur Molaire, devenu âgé, prit sa retraite. Il partit vivre à la
campagne, laissant derrière lui sa grande maison silencieuse. Églantine et
Armand restèrent seuls dans le grenier.
Mais
quelque chose d’étrange se produisit.
Les
enfants du quartier, qui avaient pris l’habitude de déposer leurs dents de lait
chez Monsieur Molaire, continuèrent à venir… et à glisser leurs petites dents
dans la boîte aux lettres.
Depuis la
lucarne du grenier, Églantine et Armand observaient ces allées et venues.
— On ne
peut pas les laisser sans cadeau… murmura Armand, les moustaches tremblantes.
Églantine
hocha la tête, déterminée.
— Tu as
raison. Nous allons prendre le relais.
Et c’est
ainsi que tout commença.
Églantine
transforma la seconde bottine, vide jusque-là, en une grande cuisine. Avec
l’aide d’Armand, elle se mit à fabriquer chaque jour de merveilleuses
confiseries : des bonbons au miel, des caramels fondants, des dragées colorées,
soigneusement emballés dans de fins papiers de soie.
Chaque
nuit, quand tout le monde dormait, Églantine partait en mission.
Rien de
plus facile pour une petite souris de se faufiler dans les maisons… Par la
cheminée, ce drôle de conduit qui mène vers le ciel… par une fenêtre restée
entrouverte… par les galeries souterraines creusées par les rats… ou, le plus
souvent, par un petit trou discret dans un mur.
Silencieusement,
elle glissait un bonbon sous l’oreiller des enfants… et récupérait la dent
laissée en échange si celle-ci n’avait pas été glissée dans la boîte aux
lettres.
Très vite,
une rumeur parcourut tout Paris : Monsieur Molaire avait un mystérieux
remplaçant… Ou peut-être une remplaçante ?
Églantine
comprit qu’elle ne pourrait pas tout faire seule. Alors, elle eut une idée
brillante.
Elle créa
une armée de souris.
Dans
chaque maison où vivaient des enfants, trois petites souris s’installèrent
discrètement :
·
une pour fabriquer les
sucreries,
·
une pour déposer les bonbons
et récupérer les dents,
·
et une troisième pour
surveiller les dangers… comme les chats… ou même les parents ! Car un piège à
souris est si vite posé…
Grâce à Eglantine
et ses amies, la magie continua de vivre.
Les années
passèrent. Les enfants grandirent. Et, comme une douce tradition, les petites
souris quittaient les maisons pour aller s’occuper d’autres enfants, ailleurs.
Si, un
soir, alors que tout est calme, vous entendez un léger grattement dans le mur…
ou de minuscules bruits de pas dans le grenier…
Ne vous
inquiétez pas.
C’est probablement
Églantine Quenotte et ses amies qui se promènent à la file indienne en
attendant de récupérer une nouvelle dent de lait.

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